lundi 22 février 2010

La brousse

Je vous ai raconté mon voyage dans la brousse ?
Découvrir un nouveau pays est indescriptible dans tout ces petits détails, les petites odeurs, les modes de vie de gens et les paysages étrangers. Je vais tenter de vous partager un tant soit peu cette expérience.

La première chose qui m'a marquée est la forêt primaire. Nous passons à travers très rapidement, elle n'étant plus qu'une étroite bande longeant la chaine de montage. En cette saison des pluies, elle était d'un vert luxuriant et éblouissant. C'est un joyaux de la nature bien trop précieux.
Sur la grande route, nous avons croisé près d'une cinquantaine de troupeaux de zébu laissant derrière de grandes trainées de bouses.

Lorsque nous nous sommes engouffrés hors des routes pavés, je me suis étonné de voir tant de gens marchant sur le coté sans y voir d'infrastructure. Il faut dire que la plupart des paysans vivent dans des maisons typiques en bois se camouflant bien à travers la végétation plantureuse. Pas d'électricité pendant des kilomètres.

Arrivée au plus grand village de la commune, les quelques rues habitées n'expliquent pas la présence des centaines de gens dans les rues. Dès lors, le chemin a été ardu. Après quelques trous de boue, nous sommes arrivés à notre destination.

À cette endroit, j'ai expérimenté la pirogue, ce tronc d'arbre creusé servant d'embarcation. J'ai aussi mangé à la malgache, du riz le soir et le matin. La douche était en fait une petite cabane avec un baril d'eau qu'on se verse à l'aide d'une tasse. Je me rappelle que c'était un choc thermique à chaque rincée, ma petite nature occidentale n'aimait pas trop.

En voyant des vazaha dans leur village, les gens sont curieux, des fillettes ont peur et les élèves sortent de l'école pour nous voir passer.

Dans ce voyage, j'ai vu le creux du creux. Rien de mieux pour remettre en perspective la vie.

Rudimentairement vôtre !

Les p'tits plaisirs de la vie se font rares

Madagascar fait partie de ses pays dont le gouvernement n'a pas été élu mais qui se considère légitime du fait d'avoir été "soutenu par la volonté populaire". Ses actions unilatérales on un impact sur la population est les institutions. Le message est clair : pas besoin d'avoir été approuvé par qui que ce soit pour faire sa loi.

Les agents de la paix sont laissé à eux même. L'armée ressemble plus à une milice au service du plus cherrant. La population n'a plus de repère. Les brigands s'en donnent à coeur joie et les histoire de vol, d'enlèvement, de meurtre, de corps découvert, de viol et autres s'accumule à un tel point que les gens en changent leur mode de vie.

À quelque part en provinces, des habitants ont brûlé vif un prisonnier tout frais sorti par soif de justice.

C'est là que je me rappelle qu'il est bien d'être au Québec. Une balade Gatineau - Montréal tard le soir sans avoir peur des brigands. Toujours un resto à service rapide pas trop loin pour les fringales. Des trottoirs en ville sans flaques d'huiles ni de pisse. Des salles de cinéma à en savoir plus quoi faire. Un bel avenir pour la nouvelle génération. Une foule dans laquelle je peux me fondre sans attirer les regards et l'intérêt des pickpockets.

Madagascar est un beau pays, je le dirai toujours. Je trouve triste qu'à quelque part il n'y a pas de réaction réelle à cette dégringolade sociale, politique et écologique. Tout le monde laisse faire une poignée de gens faisant mourir son peuple à petit feu pendant que chez nous on est prêt à écraser un politicien qui a mal parlé.

Espoirement vôtre !

vendredi 19 février 2010

À chacun notre piquet

Hier, je revenais d’une rencontre, installé avec mon père dans un taxi de la ville, un deux chevaux, une boite de métal tiré par un moteur de tondeuse. Soudain, des sirènes se font entendre. Le taxi se ranger pour laisser passer un contingent de polices et de voitures de luxe. C’est la parade du gouvernement en place lorsque des membres se déplacent.

Je ne lai ai pas vu, je ne sais pas si c’était le président, des membres hauts placés ou de leur familles qui en profitent. Ce qui est frappant c’est de voir deux gros VUS et deux Mercedes aux vitres teintées passer à une longueur de bras d’enfants se tenant sur le coté de la rue, nu pieds dans la poussière sale, habillés de ce qu’on ose appeler des vêtements.

La parade est passée et les marchants, exhibant à peine l’équivalent d’un panier de légume dans l’espoir d’en tirer 2 ou 3 dollars, restent passifs.

Le soir venu, le marchant rentre chez lui dans ce qui s’approche plus d’un abri que d’une maison. L’enfant se met au dodo sur un lit de paille infesté de puces et de poux. En même temps, les gens de la parade sont à quelque part dans un grand restaurant à manger au frais de l’état.

Depuis le coup d’état d’il y a un an, des forêts protégées ont été la cible de coupes illégales de bois de rose. Des conteneurs ont été saisis. Cependant, un gouvernement en mal d’argent et de corruption autorisait ces conteneurs à sortir du pays après une "amande" de 250 000$. Les principaux clients étant les chinois, on se doute bien que ça fait leur affaire. Par la suite, ce bois est vendu à de faux antiquaires qui ensuite vendent des meubles à des exportateurs. Dans les magasins de meubles chinois qu’on peut retrouver partout et même au Québec, on les vend à des prix fous.

L’antiquaire Montréalais fait bien du profit. L’exportateur aussi. Le menuisier chinois s’en fait un peu. L’exportateur de bois de rose s’en tire bien, à 250 000$ de "frais de légalisation", ça reste très rentable. Dans la forêt, celui qui coupe les arbres risque sa vie pour quelques dollars par jour. Un peu plus loin, deux groupes de lémuriens se battent pour ce qui reste de territoire. Les perdant errent et se font attraper par un braconnier qui va vendre peu de temps après les survivants du voyage dans les rues des villes, à des prix ridicules, à des gens qui les trouvent tellement mignons.

Les malgaches me disent eux même qu’ils sont artisans de leur propre malheur. Ils jalousent la réussite et ne sont presque jamais porteur d’initiative. Dans ma tête il est clair que ce n’est pas envoyer de l’argent qui est la solution pour aider le pays. Il est ridicule d’éduquer un enfant à coup de chèque. On continu à les inonder d’images d’une vie meilleure sans leur montrer la voix.

Au Québec, nous sommes maitre des initiatives citoyennes. Cause ou conséquence de notre qualité de vie ? Ce qui est certain c’est que ce n’est pas nous qui en avons le plus de besoin dans le monde. Il serait bien un jour d’exporter en masse ce savoir faire aux pays en développement au lieu d’y vendre des albums de star académie.

La clôture n’est pas près de disparaître lorsque tout le monde, chacun de son coté, y plante son piquet.