lundi 22 février 2010
La brousse
Les p'tits plaisirs de la vie se font rares
vendredi 19 février 2010
À chacun notre piquet
Hier, je revenais d’une rencontre, installé avec mon père dans un taxi de la ville, un deux chevaux, une boite de métal tiré par un moteur de tondeuse. Soudain, des sirènes se font entendre. Le taxi se ranger pour laisser passer un contingent de polices et de voitures de luxe. C’est la parade du gouvernement en place lorsque des membres se déplacent.
Je ne lai ai pas vu, je ne sais pas si c’était le président, des membres hauts placés ou de leur familles qui en profitent. Ce qui est frappant c’est de voir deux gros VUS et deux Mercedes aux vitres teintées passer à une longueur de bras d’enfants se tenant sur le coté de la rue, nu pieds dans la poussière sale, habillés de ce qu’on ose appeler des vêtements.
La parade est passée et les marchants, exhibant à peine l’équivalent d’un panier de légume dans l’espoir d’en tirer 2 ou 3 dollars, restent passifs.
Le soir venu, le marchant rentre chez lui dans ce qui s’approche plus d’un abri que d’une maison. L’enfant se met au dodo sur un lit de paille infesté de puces et de poux. En même temps, les gens de la parade sont à quelque part dans un grand restaurant à manger au frais de l’état.
Depuis le coup d’état d’il y a un an, des forêts protégées ont été la cible de coupes illégales de bois de rose. Des conteneurs ont été saisis. Cependant, un gouvernement en mal d’argent et de corruption autorisait ces conteneurs à sortir du pays après une "amande" de 250 000$. Les principaux clients étant les chinois, on se doute bien que ça fait leur affaire. Par la suite, ce bois est vendu à de faux antiquaires qui ensuite vendent des meubles à des exportateurs. Dans les magasins de meubles chinois qu’on peut retrouver partout et même au Québec, on les vend à des prix fous.
L’antiquaire Montréalais fait bien du profit. L’exportateur aussi. Le menuisier chinois s’en fait un peu. L’exportateur de bois de rose s’en tire bien, à 250 000$ de "frais de légalisation", ça reste très rentable. Dans la forêt, celui qui coupe les arbres risque sa vie pour quelques dollars par jour. Un peu plus loin, deux groupes de lémuriens se battent pour ce qui reste de territoire. Les perdant errent et se font attraper par un braconnier qui va vendre peu de temps après les survivants du voyage dans les rues des villes, à des prix ridicules, à des gens qui les trouvent tellement mignons.
Les malgaches me disent eux même qu’ils sont artisans de leur propre malheur. Ils jalousent la réussite et ne sont presque jamais porteur d’initiative. Dans ma tête il est clair que ce n’est pas envoyer de l’argent qui est la solution pour aider le pays. Il est ridicule d’éduquer un enfant à coup de chèque. On continu à les inonder d’images d’une vie meilleure sans leur montrer la voix.
Au Québec, nous sommes maitre des initiatives citoyennes. Cause ou conséquence de notre qualité de vie ? Ce qui est certain c’est que ce n’est pas nous qui en avons le plus de besoin dans le monde. Il serait bien un jour d’exporter en masse ce savoir faire aux pays en développement au lieu d’y vendre des albums de star académie.
La clôture n’est pas près de disparaître lorsque tout le monde, chacun de son coté, y plante son piquet.