Le Madagascar est un des pays les plus pauvres de la planète. Je devais bien m’attendre à en voir la dure réalité.
En plein milieu de la rue, assis entre les voitures qui passent, des handicapés tendent la main vers les fenêtres dans l’espoir d’attendrir les gens. D’autres les exhibent comme un faire valoir dans une chaise roulante, encore une fois en plein milieu du trafic. De jeunes enfants se faufilent, parfois à quelques centimètres d’un camion en mouvement, pour quémander sans relâche malgré des refus répétés. Un enfant est resté accroché à la fenêtre du taxi risquant sa vie dans l’espoir que je lui donne de l’argent. Il n’est pas sans penser que ces enfants peuvent être exploités pas des gens ou des parents qui, sans égare, ne pensent qu’à l’argent. Souvent, les pauvres de la capitale sont des gens venus de la campagne en quête d’une vie meilleure mais qui se retrouvent piégés dans un cercle vicieux les confinant à la vie de mendiant.
Au moment d’écrire ces lignes, Madagascar se retrouve avec un gouvernement non élu et non reconnu pas la communauté internationale. Les sanctions vont probablement tomber et l’argent des bailleurs de fond, qui représente une aide vitale pour le développement du pays, n’arrivera plus.
Une chose sur laquelle il faut réfléchir, c’est que malgré tout ce que nous pouvons critiquer chez nos politiciens canadiens, c’est que nous pouvons les choisir. Le système n’est pas parfait mais c’est clairement mieux que d’être de simples spectateurs devant une mascarade. Plusieurs pays ont clairement des élections truquées. D’autres se voient sous l’emprise de dictature, au 21e siècle. À l’endroit où je me trouve, le pays a à sa tête un gouvernement non élu avec un président qui, selon la constitution, ne devrait pas être là.
Crachez aux visages des politiciens canadiens si l’idée de nouvelles élections vous horripile. Moi j’embrasserais la terre sous mes pieds, je louangerais mes compatriotes, j’adulerais mon pays de me donner la chance de m’exprimer en sachant que mon seul vote compte et sera respecté comme tel. Je crierais sur les toits d’être l’homme le plus chanceux sur terre de pouvoir envoyer chier n’importe quel décideur sans avoir peur pour ma vie. Chaque élection est un cadeau de la société moderne, celle qui veut que le droit humain prime, que notre bien être personnel passe inévitablement par celui des autres.
Si élections il y a, prenez le temps de faire la file, aller vous emmerder quelque minutes, même deux heures s’il le faut. Prenez votre bulletin de vote, choisissez celui que vous voulez en rendant grâce à la vie qu’aucun militaire ne se trouve à la porte en vous suggérant, pointe au visage, un choix qui n’est pas le votre. N’en choisissez pas si vous ne le voulais pas, faites un dessin, rendez honneur à ce petit bout de papier qui, à lui seul, vous rend égale devant tout autre. Rentrez à la maison et admirer votre quartier, celui là même qui ne sera pas saccagé par les perdants, ceux-ci reconnaissant la défaite. Badinez devant les mauvaises décisions du nouveau gouvernement, dans 4 ans, vous pourrez en choisir un autre. N’oubliez pas de vivre heureux car un vert ou un rouge de posera pas de bombe à votre porte parce que vous être bleu ou orange.
Surtout, soyez soulagés que seule la maladie, à forte chance, vous mènera au trépas.
