À l’impossible nul n’est tenu. Végétarien j’étais et végétarien je resterai. Légumineuse, lait de soya et tofu sont, sans difficultés, disponibles dans les commerces de la capitale malagasy. À l’intérieur de ces espaces commerciales, nous pouvons retrouver une familiarité à la quelconque-Mart.
Une adaptation s’impose : l’achat des légumes se doit d’être confié à un ami malagasy. Étrangers blancs de nature, nous sommes victimes des préjugés répandus dans maints pays pauvres voulant que nous soyons remplis d’argent. Ainsi, un malagasy peut négocier au marché ces denrées à bien meilleur prix que nous.
Une promenade à travers Tana m’a rappelé que j’étais loin de mon pays d’origine. Les rues sont étroites et les trottoirs sont en fait de petits fossés assez larges pour une personne. Les voitures passent à grande vitesse assez près de nous pour donner la frousse à des non initiés. Lorsque nous ne marchons pas, nous prenons un taxi. Ici, nous négocions le tarif pour le trajet avant même de monter dans la voiture. Parlant de ceux-ci, il faudrait plutôt utiliser le mot tape-cul.
Les véhicules qui, chez nous, auraient depuis longtemps étés à la case à cause de leur état lamentable et totalement non sécuritaire se retrouvent à être très efficace ici pour se rendre d’un endroit à un autre. On se fait rapidement à l’idée de devoir tenir la porte pour ne pas qu’elle s’ouvre ou de ne pouvoir ouvrir la porte que de l’extérieur.
La visite de la ville n’est pas sans se désoler des tristes évènements qui ont eu lieu ce printemps. Près du grand magasin où j’achète du tofu se trouve un terrain vide, marqué par les empruntes des bâtisses qui jadis accueillaient plusieurs commerces pillés et brûlés. Non loin, un entrepôt appartenant à la compagnie de distribution privée de l’ancien président gît comme un squelette complètement décharné par prédateurs et charognards. Au centre ville, j’ai marché près d’un petit mur de pierre où, lors de la tuerie, les manifestants tentaient désespérément de s’y cacher pour éviter les tirs de l’armée. Nous oublions trop facilement la chance que nous avons d’être québécois.

Alors là, j'ai une grande question existentielle : où achetez-vous votre tofu ? Perso, à part Jumbo Score pour le lait de soja (et les yaourts maintenant à un prix exhorbitant), je suis obligée d'amener mon tofu avec moi depuis Londres ou Paris. En tous les cas, bravo ! Et un conseil : mangez du vanjoboro et du ravitoto, c'est plein de vitamines :)
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