dimanche 25 octobre 2009

78 mots dédiés à l'Horreur

Imaginez un scandale criminel au Québec.
Pleine page dans le Journal de Ville, cahier spécial 20 pages, entrevues avec les proches de la victime. Hommage à celle-ci sur les ondes de TV?, deux heures de tout ce qui peut être touchant sans oublié le commentaire de Chose Poirrier.
Tout les détails sans exception étalés sur des semaines, tant que l'histoire fait vendre. Les talkradios gloussent d'avoir un sujet aussi juteux et aussi scandalisant.
Imaginez la pire histoire, celle que nous avons rarement mais qui nous rappelle que certains d'entre nous n'ont pas perdu leur comportement animal, sadique et destructeur. L'histoire qui nous donne le goût de légaliser la peine de mort, juste pour cette fois-ci.
Un beau braillage collectif et éternel.

Ce matin dans le journal d'ici, dans les fait divers, en bord de page, 78 mots suffisent, titre compris.
Une fillette de 8 ans, violée et assassinée par son propre enseignant qui par chance s'est livré lui même à la police.

Pendant ce temps, les politiciens prennent des pages complètes pour justifier leurs actions politiques qui embourbent le pays. Au nom le l'intérêt suprême de la nation dis-t-ils.

Il n'y avait pas le nom de la fillette, anonyme et vite oubliée. J'aurais cru qu'au 21e siecle, l'intérêt suprême d'une nation est de donner la chance aux enfants de grandir et de s'épanouir.

vendredi 16 octobre 2009

Pauvrichetesse malagasy

Madagascar riche

Telle une reine dans une brillance éblouissante, l’ile malagasy porte sa couronne de sable blanc au dessus de son visage aux verts luxuriants, flottant dans sa robe aquatique turquoise.

Le paysage côtier n’a rien à envier aux autres. Partout, de superbes deltas de mangrove s’étendent, des coraux nichent dans une eau claire et bleue et les couchés de soleil sur le Mozambique nous donnent l’impression de rêver.

La diversité culturelle, propagée par 18 groupes ethniques, ouvre une quête inlassable qu’est la découverte de la musique, des métiers d’arts et des coutumes éparses dans ces pays qui ne forment qu’un seul.

Les gens sont formidables, de bonne volonté, intelligents et porteurs d’espoir pour leur nation. Les femmes sont belles, les hommes courtois.

Près du lac Anosy, en plein centre ville, les arbres majestueux portaient des milliers de fleurs mauves. Les maisons multicolores bordent les rues sillonnant les flancs de collines, veillant aux champs de riz couvrant le fonds des vallées du haut plateau.

Madagascar pauvre

L’orgueil des uns fait le malheur de tous. L’embrouille politique dure depuis l’indépendance et le comportement peu diligent des hommes politiques teignent sur une population de plus en plus désillusionnée.

Le laxisme des forces de l’ordre permet aux pires comportements humains d’exister sans scrupule. En moins d’un an, le braconnage forestier d’immenses surfaces de forets protégées. La sécurité routière est en option, menant aux trépas bien trop d’innocents. Des enfants revenant de l’école marchent dans une rue sans trottoir, respirant à plein poumon la fumée noire des voitures et camions qui en sont à leur troisième vie.

Le pays, ayant perdu plus de 80% de son couvert forestier pour faire place à l’élevage de bovin, coule lentement mais sûrement vers la mer par une érosion dévastatrice.

De plus en plus, il y a des histoires de briguant sur les routes, des enfants sont enlevés en pleine ville, des adolescentes violées, des gens retrouvés morts sans explication. Cette semaine, un village a été assaillit, toutes les femmes violées, par une bande de sauvage.

Les étrangers de la pire espèce s’en donne à cœur joie dans des régions éloignées. Les filles, accablées par la pauvreté, se laisse traiter comme de la chaire fraiche. Des hommes osent se comporter d’une manière si sauvage, assouvissant leurs pires pulsions, ce qui a de plus dégueulasse, qu’on ne peut que vouloir les castrer et les démembrer de la manière la plus douloureuse possible.

La dualité humaine

Lorsqu’un peuple est laissé à lui-même, lorsque les leaders ne font pas preuve de vertu, lorsque nous ne continuons pas de constamment corriger l’imperfection individuelle et collective de l’être humain, émergent à travers le peuple ces comportements irrationnels, héritage de notre origine animale, que l’évolution culturelle et naturelle n’a pas encore su éliminer.

Nous avons tous espoir d’une vie meilleure. Nous sommes tous des êtres humains. On se rappelle constamment à coup de chansons moralisatrices, de manifestations environnementalistes et de condamnations de scandales autour d’une table d’un Tim Horton, que le monde se doit d’être meilleur. La réalité est que l’être humain sera toujours en lutte contre lui-même, une lutte qui n’a pas à avoir d’explication métaphysique, elle est tout simplement. La définition du bien et du mal n’est pas écrite dans le ciel ou sous la terre.

La beauté et le bonheur de ce monde nous permet de garder l’énergie et l’espoir nécessaire pour poursuivre notre chemin dans la réalité, peu importe le comment et le pourquoi.

Malagasyment votre.

dimanche 4 octobre 2009

Végétarien : 1 - Madagascar : 1


J'ai gouté à de la viande de zébu.
Non, je n'irai pas me fouetter à coup de feuille de salade pour me purifier. Au contraire, cette expérience me fait dire : Honte à vous carnivore d'Amérique du nord. Vous croyez manger de la viande ? Ce que vous consommer est en fait aussi artificiel que les frites carrées du Macdonald. La viande de zébu trouvée ici est d'autant plus biologique que n'importe quelle viande trouvée chez nous. J'ose même dire que, d'après mes souvenirs, je n'ai jamais mangé une viande aussi riche et savoureuse. Ne vous réjouissez pas, je ne m'éloignerai jamais de la voix végétarienne.
C'est d'autant plus frappant pour moi de voir l'écart industriel entre ici et là bas. C'est à même mes papilles gustatives que j'ai constaté à quel point la viande du Canada est dénaturée, soumise à un élevage intensif supporté par des hormones de croissances, des antibiotiques et de la nourriture issue d'une agriculture autant plus dommageable. Ici, la viande est un bien de luxe et je souhaite qu'elle le reste. Ça devrait l'être d'ailleurs partout dans le monde.
Je suis en ce moment même à expérimenter les beautés de Madagascar. Quelle belle vue à chaque repas de voir le canal du Mozambique et les cocotiers devant soit. Ce n'est pas pour longtemps alors aussi bien en profiter.
J'ai dû faire plusieurs kilomètres pour arriver ici. J'ai pris pour la première fois, et croyez-moi pour la dernière, un taxi brousse. Ce n'est pas au Canada que nous voyons des dépassements dans les courbes, falaise en évidence avec retour sur la voix à la dernière seconde pour éviter le camion en sens contraire. Quand je dis à la dernière seconde, c'est qu'une seconde de plus et c'est le face à face. Pratique commune chez les chauffeurs malgaches. Rien d'étonnant qu'encore cette semaine, 16 personnes ne sont pas sorties vivantes d'un taxi brousse.
Sur le chemin, un arrêt pour prendre le <>, souper canayen, dans un petit restaurant qui avait plutôt l'aire d'un entrepôt de tables. Au menu, du riz et des choses que je ne connaissais pas. À boire, on nous sert une infusion de croute de riz brûlée résultant de la cuisson de plat principal. Je me suis aussi soulagé dans une toilette malgache : un bord de mur extérieur en ciment éclairé par la pleine lune.
Sur la route, il est désolant de voir que l'ile a perdu la majorité de son couvert forestier. À l'horizon, il y avait d'étranges spectacles nocturnes mettant en scène une plaine décharnée, perturbée par un gigantesque feu de paille avec comme décor de fond, les éclaires d'un orage et le tout surplombé par la lune bien aimé.
Depuis que je suis au bord de la mer, j'ai croisé quelques fois des groupes de lémuriens. À chaque fois ils s'exclament timidement à coup de cri de gorge et dans leur voix et dans leur yeux, j'ai l'impression qu'ils me grondent : Humain étrange, c'est nous qui sommes ici. Tu nous déranges, tu nous prends notre air, notre nourriture et notre maison. Vas et apprends à nous laisser tranquille ...