dimanche 4 octobre 2009

Végétarien : 1 - Madagascar : 1


J'ai gouté à de la viande de zébu.
Non, je n'irai pas me fouetter à coup de feuille de salade pour me purifier. Au contraire, cette expérience me fait dire : Honte à vous carnivore d'Amérique du nord. Vous croyez manger de la viande ? Ce que vous consommer est en fait aussi artificiel que les frites carrées du Macdonald. La viande de zébu trouvée ici est d'autant plus biologique que n'importe quelle viande trouvée chez nous. J'ose même dire que, d'après mes souvenirs, je n'ai jamais mangé une viande aussi riche et savoureuse. Ne vous réjouissez pas, je ne m'éloignerai jamais de la voix végétarienne.
C'est d'autant plus frappant pour moi de voir l'écart industriel entre ici et là bas. C'est à même mes papilles gustatives que j'ai constaté à quel point la viande du Canada est dénaturée, soumise à un élevage intensif supporté par des hormones de croissances, des antibiotiques et de la nourriture issue d'une agriculture autant plus dommageable. Ici, la viande est un bien de luxe et je souhaite qu'elle le reste. Ça devrait l'être d'ailleurs partout dans le monde.
Je suis en ce moment même à expérimenter les beautés de Madagascar. Quelle belle vue à chaque repas de voir le canal du Mozambique et les cocotiers devant soit. Ce n'est pas pour longtemps alors aussi bien en profiter.
J'ai dû faire plusieurs kilomètres pour arriver ici. J'ai pris pour la première fois, et croyez-moi pour la dernière, un taxi brousse. Ce n'est pas au Canada que nous voyons des dépassements dans les courbes, falaise en évidence avec retour sur la voix à la dernière seconde pour éviter le camion en sens contraire. Quand je dis à la dernière seconde, c'est qu'une seconde de plus et c'est le face à face. Pratique commune chez les chauffeurs malgaches. Rien d'étonnant qu'encore cette semaine, 16 personnes ne sont pas sorties vivantes d'un taxi brousse.
Sur le chemin, un arrêt pour prendre le <>, souper canayen, dans un petit restaurant qui avait plutôt l'aire d'un entrepôt de tables. Au menu, du riz et des choses que je ne connaissais pas. À boire, on nous sert une infusion de croute de riz brûlée résultant de la cuisson de plat principal. Je me suis aussi soulagé dans une toilette malgache : un bord de mur extérieur en ciment éclairé par la pleine lune.
Sur la route, il est désolant de voir que l'ile a perdu la majorité de son couvert forestier. À l'horizon, il y avait d'étranges spectacles nocturnes mettant en scène une plaine décharnée, perturbée par un gigantesque feu de paille avec comme décor de fond, les éclaires d'un orage et le tout surplombé par la lune bien aimé.
Depuis que je suis au bord de la mer, j'ai croisé quelques fois des groupes de lémuriens. À chaque fois ils s'exclament timidement à coup de cri de gorge et dans leur voix et dans leur yeux, j'ai l'impression qu'ils me grondent : Humain étrange, c'est nous qui sommes ici. Tu nous déranges, tu nous prends notre air, notre nourriture et notre maison. Vas et apprends à nous laisser tranquille ...

1 commentaire:

  1. Je croix que tu parles du ranovola là... une vraie délice!

    RépondreSupprimer